Exposition de Michel Renaud à la bibliothèque

Michel Renaud 


Universitaire, spécialiste de la littérature de la Renaissance, Michel Renaud, est venu tardivement à la peinture, en amateur et en autodidacte.

Ses tableaux renvoient à une mythologie personnelle ambiguë, nourrie de références littéraires : échos de la parole originaire, réminiscences des lectures anciennes, émerveillements et terreurs de l’enfance alimentent les fantasmes adultes — le jardin d’Alice et le sourire du chat voisinent avec le mystère du labyrinthe, les rituels sanglants, les ténèbres, le vide peuplé de cris et de chuchotements…

Ici, pas d’images pour cartes postales. Le paysage est un paysage mental, onirique ou halluciné. Le décor bucolique a cédé la place à une campagne géométrisée, redessinée par l’homme et les machines dont on devine la rumeur — répondant à celle, lointaine, de l’orage — dans l’odeur âcre du colza, le remugle du gas-oil et du goudron, la puanteur des bêtes écrasées sur les chemins (ci-dessous : Colza, acrylique, résine et sable sur toile, 100 x 80 cm — 2008).

Ailleurs, le décor se réduit à quelques silhouettes d’arbres funèbres, signalant la proximité de ruines ou de tombeaux, architectures nocturnes, charnier où se terre le minotaure. Ombres spectrales et créatures monstrueuses rôdent en silence, dans les friches de l’insomnie…

Le regard et l’imagination du spectateur suppléent aux ellipses d’une figuration délibérément lacunaire, répondant au minimalisme de l’anecdote (ci-dessous : La Demeure d’Astérion # 6, acrylique, résine et sable sur toile, 100 x 80 cm — 2009).

Utilisant essentiellement l’acrylique, associée parfois à d’autres matériaux — chiffons, sable, papier mâché, résines —, il privilégie les grands formats. Parmi les peintres dont les œuvres et la technique l’intéressent particulièrement, on peut citer Francis Bacon, Paul Rebeyrolle, Balthus, Stanley Spencer, Jean Rustin ou Vladimir Velikovic.